Je pense donc j’écris.

Après avoir raté avec succès mes études en 1985, puis été responsable technique dans le monde de la nuit jusqu’en 1990 (complice de l’importation en France des « rave parties » en 1987), je me suis lancé dans entrepreneuriat en créant des sociétés de développement en informatique et ce jusqu’en 2009, mon état de santé ne me permettant plus d’exercer mes fonctions. Je suis actuellement en convalescence.
En 2006 le corps médical m’informe que je suis atteint d’un cancer du colon.

 

Je décide alors d’acheter une plage pour y construire une maison et finir mes jours les doigts de pieds en éventails avec mon chien et ma femme et réciproquement. J’ai choisi Madagascar comme terre d’asile (une idée de ma femme en fait).

 

 

En 2007, à Madagascar, je crée une société de fabrication de briques en terre compressée (totalement écologique) et de construction dans le bâtiment afin de m’occuper et surtout de me rendre utile avant de disparaître. Après avoir fait gagner de l’argent aux grands groupes européens (LVMH, Lafarge, Bayer Cropscience, Aventis…), j’ai brièvement amélioré la vie de quelques uns : 90 employés = 90 familles = 400 personnes environ, plus les fournisseurs et les sous-traitants on doit atteindre les 500…

Bon, je ne suis pas mort comme les médecins me l’avaient prédits, mais j’ai vécu une expérience originale enrichissante… Parallèlement j’ai subi un coup d’état, la destruction de mon entreprise, la dégénérescence physique, l’affaiblissement moral, le mépris puis l’indifférence de mes proches… Alors j’ai pris le temps de regarder autour de moi, de vivre un peu plus près des autres, ce que je n’avais jamais fait auparavant, j’ai connu des gens différents « d’un autre lieu et d’un autre temps » expression stupide j’en conviens. Les Malgaches, différents des Africains, du moins des Sénégalais que j’avais côtoyés en 2005, 2006 différents des occidentaux. Ils ont évolué autrement (et je ne parle que de l’Afrique berceau de l’humanité). Pourquoi ? Le temps n’est-il pas le même pour tous sur la planète ? Les diverses cultures ne s’assimilent-elle pas ? Nous sommes loin de la mondialisation. On ne peut faire l’impasse sur l’envers du décor : le business de l’humanitaire. Celui qui permet aux fameux grands groupes mondiaux, par l’intermédiaire de leurs admirables fondations, d’arrondir leurs fins de trimestres… Mais c’est pour la bonne cause… La leur : dégrèvement d’impôts, déréglementations en tout genre. La notre : ce sont nos employeurs.

Des complications sous la forme d’un cancer secondaire du foie entre autres bizarrerie de la nature, m’ont obligé à rentrer en France.

En résumé tout à commencé en 1993 avec une Tuberculose diagnostiquée par erreur. Ce qui a permis en 1996 l’implantation d’une Sarcoïdose excavante avec complication aspergillaire. Les deux lobs supérieurs des poumons sont nécrosés à 100%. Perte de 60% de la capacité respiratoire. Depuis sujet à des hémoptysies pouvant atteindre le litre associées à un Asthme broncho-pulmonaire allergique.
Certif-MIEn 2006 Péritonite aigue. Cancer du colon 3 adénocarcinomes. Chimio Folfox4 ok. Sauf empoisonnement à l’Oxaliplatine. Eventration pose d’une plaque.
En 2010 tout à commencé en octobre, le 5  exactement, quand un oncologue grippé n’a pas remarqué que j’étais en train de mourir. Dans la nuit du 5 au 6, les pompiers m’ont expédiés aux urgences, puis en réanimation pour une Méningite avec pronostique vital engagé. Cinq jours en réanimation. Présence de trois abcès cérébraux. Ce même oncologue qui suite à une image avait affirmé qu’il n’y avait aucun rapport avec mon ex cancer a du se rendre à l’évidence que j’avais un Cancer secondaire du foie. Une tumeur de 6 cm au plus grand diamètre. Mon séjour hospitalier m’a offert une Bactérie nosocomiale interdisant la chimio par voie centrale. Quatre tentatives de protocoles de chimio, toutes sans effets. La tumeur grossissait d’un centimètre par mois. Cinquième protocoles de chimio empoisonnement au Xeloda. Devenu un mort vivant avec une tumeur de 9cm, les toubibs ont décidé une exérèse de 70% du foie. L’opération fut un succès mais pronostique vital a venir est pessimiste d’après mon nouvel oncologue. Risque de récidive élevé du à l’état général immunodéprimé. A présent, il me reste une éventration inopérable, et il paraît que je suis devenu disons timbré pour faire simple (Prescription d’une psychothérapie cognitivo-comportementale agoraphobie)…

L’accumulation de pathologies divers et variées entre maladies orphelines et cancers depuis 1993 et d’erreurs médicales en 1993 et 2010 ont mis mon cerveau à rude épreuve, et il semblerait qu’au bout de 18 ans de traitements en tout genre, j’ai du craquer.

En 2010, j’ai pris « naturellement » le temps de lire puis d’écrire ce qui est devenu un manuscrit pour fixer ce que je pense et ce que je sais (ou pense savoir) avant de m’éteindre. Pour qu’il en reste quelque chose. La forme est particulière, la construction aussi, le fond y est. Un dernier grand partage avec pas grand monde.

Malheureusement je ne crie pas assez fort pour que l’on m’entende encore faudrait-il que l’on m’écoute. A part intéresser et transmettre mes perceptions à un plus grand nombre, le commercialiser ne me sert qu’à évaluer la qualité du produit. Celui-ci étant inclassable, les éditeurs renoncent.
Je ne suis qu’un prêcheur aphone dans un désert assourdissant.

This entry was posted in Les vérités de Jc and tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

4 Responses to Je pense donc j’écris.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.